Lancia en route pour le musée

L'avenir ne semble pas radieux pour Lancia. Le PDG du groupe Fiat laisse pour l'instant planer le doute, mais il semble qu'à terme, Lancia ne sera plus distribuée qu'en Italie. Coup de rétro sur une marque centenaire au passé sportif inoubliable.
Situation difficile
"Toutes les vérités ne sont pas forcément bonnes à dire. Alors, plutôt que de décevoir ou de mentir, Sergio Marchionne, le P-DG du groupe Fiat-Chrysler, a préféré se taire. À l’occasion de la présentation de sa stratégie, les 6 et 7 mai derniers, tout le groupe Fiat a été à l’honneur : les ambitions de la marque Fiat, le renouveau d’Alfa Romeo, le retour de Maserati dans le haut du panier ont été détaillés par le menu. Mais de Lancia, on n’a point entendu parler. Comment interpréter un tel silence ?
Obtenir une information sur Lancia tient même de la gageure, à l’heure actuelle. L’agence italienne
Ansa est pourtant parvenue à arracher quelques confidences à M. Marchionne: « N
ous avons constaté que la marque Lancia n’attire pas les foules en dehors de l’Italie. Lancia n’a pas d’histoire, que ce soit en Europe ou aux États-Unis. Nous pensons qu’Alfa Romeo dépassera largement Lancia », a fait savoir le P-DG.
La messe est donc dite: Lancia ne vendra plus qu’un seul produit, l’Ypsilon, et en Italie uniquement. Sur tous les autres marchés, ciao
Lancia ! «
À moyen terme, la question du devenir de Lancia se pose », reconnaît Stéphane Labous, directeur de la marque en France. La Thema ne se vend pas. La Delta n’est plus produite, tandis que le Voyager réalise de faibles volumes : «
Compte tenu des évolutions à venir, il y aura rééquilibrage », consent encore M. Labous en ce qui concerne le réseau de distribution français. Celui-ci est composé de 123 points de vente, mais aucun n’est monomarque Lancia. Tous arborent le panneau Fiat/Alfa/Jeep, et la fin probable de Lancia ne devrait entraîner aucune perte brutale d’activité.
Qui seront donc les grands perdants de la fin de Lancia ?
Sans doute les passionnés d’automobile: «
C’est triste », lâche sobrement Yves Loubet, champion d’Europe des rallyes sur Lancia Delta en 1989 ; «
Depuis longtemps, la marque s’est galvaudée. Du jour où elle a arrêté la compétition et s’est tournée vers le chic, qui n’est pas le luxe », considère pour sa part Daniel Pottier, président du Lancia club France. Et de regretter déjà les Lancia, «
des voitures de gens originaux, de médecins, d’architectes et de bourgeois », un peu comme les Saab de la grande époque. Une marque qui, d’ailleurs, a elle aussi été enterrée récemment. Serait-ce le seul avenir possible pour ceux qui sortent des sentiers battus ?"
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